23.07.2009
L'habitation sur le pae pae
L'habitation marquisienne traditionnelle est construite sur une base en pierres : le pae pae. Elle résiste au temps ; surélevée, elle évite l'invasion des animaux indésirables. Le toit est porté par des poteaux en cocotier, l'étanchéité est assurée par des feuilles du même arbre. Cette partie aérienne est fragile et doit être reconstruite régulièrement : la couverture dure deux ou trois ans, les poteaux une vingtaine d'années. Ensuite, la construction est rénovée ou abandonnée. C'est ainsi que l'ensemble des vallées se sont couvertes de « pae pae ». Leur nombre très important laisse imaginer le volume de population qu'il y avait sur ces îles : 10 fois la population actuelle.

On trouve beaucoup de ces « pae pae » dans les villages ; ils ont été recyclés avec un bonheur très contestable : pour exemple ce magnifique « pae pae » de Nuku Hiva où l’on a construit une baraque de très mauvais goût.

Actuellement, les mêmes principes règlent la démolition et la reconstruction des maisons marquisiennes. Sur une base en dur, la maison est construite en bois et matériaux périssables qui font le bonheur des termites ; ainsi, tous les 20 ans, il faut rebâtir… Une habitation est construite en un ou deux mois. Les portes et fenêtres sont des accessoires qui ne sont pas toujours installés… La température varie entre 26 et 34° pendant toute l'année. Pas de problème de chauffage…
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20.07.2009
Les chefs de la tribu aux Marquises

Dans la société marquisienne, une hiérarchie très organisée classe les autorités du culte. Les « taua » sont les grands prêtres (parfois des femmes) ; les « moa » sont les serviteurs des grands prêtres; les « tuhuka ooko » sont les très savants ; les « tuhuka » sont les savants de second ordre.
Les « taua » du premier ordre, sont ceux en qui un Dieu s'est enfermé. Il pensait que Dieu choisissait de s'installer dans le « taua ». Celui-ci aurait ensuite le devoir d'annoncer la volonté du Dieu, de demander des victimes et de présider aux sacrifices et à certaines cérémonies.
Un ancien missionnaire (P Garcia) raconte comment le Dieu prenait possession du « taua ».
C'était dans un lieu sacré, la nuit le plus souvent, pendant que le grand prêtre se reposait, la tête appuyée sur le tronc d'un cocotier. Il criait parce qu'il entendait venir le Dieu. On entendait un bruit tantôt fort tantôt léger mais toujours étrange, une sorte de ventriloquie, art que les marquisiens n'ignorait pas. Le grand prêtre annonçait : le voilà le voilà ! Je le tiens... Je le serre dans la main ; d'autre fois, il prétendait qu'il était descendu dans son ventre.
Le « taua » devenait alors triste, sombre et tremblait de tous ses membres puis il partait avec ses serviteurs, les « moa » parcourir le pays porté par une force invisible. Avec ses serviteurs, il pratiquait des danses grotesques et respectait des règles très strictes quant à la boisson et à la nourriture. Lorsqu'ils passaient chacun devaient rester au logis sans allumer de feu ; tout travail devait cesser.
De retour dans sa tribu, le « toua » montait sur les pavés spéciaux des cérémonies, et dans un délire haletant, dans un accès de fureur, il s'écriait « il faut des victimes humaines… Il en faut (il disait le nombre) vous les trouverez dans tel endroit...
Alors les guerriers partaient avec confiance et ne se trompaient pas souvent.. On raconte qu'il n'y avait jamais d'erreurs.
Les victimes étaient ramenées puis présentées sur la place publique. Les femmes taua venaient faire des évolutions devant elles et si elle portait un bâton de bois de fer (appelé »hoto ») c'était le signe qu'elles allaient demander des victimes ; si elle portait un morceau de canne à sucre il y avait tout lieu de penser qu'elles réclameraient pas de victimes.
Les « taua » inspiraient une crainte respectueuse voisine de la terreur. Tous ceux qui passaient sur leur ombre, sur leur natte, sur leurs habits etc... Et tous ceux qui cherchaient à entraver leurs desseins étaient « dignes de mort ».

09:14 Publié dans histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tribu
17.07.2009
Pa eke, un site de Taipivai

Dans la vallée de Taipivai (l’eau de la tribu des « taipi »), le site de Pa eke, moins grand que le site de Melville mais en parfait état de conservation (sur le site de Melville les tikis ont été enlevés).
On est frappé par l’ambiance que les lieux dégagent. De solides tikis, nombreux et massifs gardent les deux principaux « pae pae ». En arrivant, mon ami marquisien, originaire d’une petite vallée voisine et ayant vécu dans une maison en bambou, me dit : « rassure-toi, on a fait bénir au moins cent fois l’endroit, on ne risque plus rien…tu sais, ici , c’était un lieu sacré »

Et la visite confirme les impressions : en voyant à côté de chaque tiki, une pierre polie placée pour poser le cou de la victime à sacrifier et des trous utilisés pour l’aiguisage des outils, on comprend qu’il y a eu de très nombreux sacrifices.
Plus haut, dans le deuxième pae pae, on trouve un grand trou typique des sites marquisiens : « quand j’étais petit, je l’ai vu rempli d’ossements humains… »
En quittant l’endroit, on se dit que c’est une chance d’avoir vu ce tohua intact et authentique. Une restauration laissera-t-elle la magie et l’émotion à ce niveau…

18:09 Publié dans histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sacrifice, superstition


